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Prendre la balle au bond

La construction identitaire passe aussi par le sport. Professeur d’éducation physique à l’école Maurice-Lavallée d’Edmonton, David Caron est un bel exemple de quelqu’un qui travaille fort dans les coins pour la progression du français !

Un passeur culturel

Franco-albertain d’origine, l’amateur de volleyball a fait ses études secondaires à Maurice-Lavallée, l’école francophone la plus ancienne d’Edmonton. Après avoir lui-même étudié à cette école, il est revenu au bercail pour y enseigner. « Il arrive avec un excellent bagage de francophone en milieu minoritaire qu’il peut partager avec les élèves », explique le directeur de son école, Éric Dion. Selon lui, David Caron « est quelqu’un de très dynamique, de très créatif », qui sait constamment trouver des solutions pour rendre son école meilleure. Et quand on travaille avec des adultes en devenir, il en faut pour susciter constamment leur intérêt !

En somme, David Caron, est un passeur culturel. Ce concept s’est développé au cours des vingt dernières années autour du livre L’enseignant, un passeur culturel de Jean-Michel Zakhartchouk. Par la suite, des universitaires comme Christiane Gohier l’ont adapté à la situation de l’approche culturelle de l’éducation au Québec. De plus, des chercheurs de la francophonie canadienne l’ont repris pour l’appliquer au contexte de la francophonie en milieu minoritaire, comme on l’explique dans la Trousse du passeur culturel.

Jouer en français, c’est gagnant !

David Caron est convaincu que « les activités sportives sont des outils privilégiés » pour construire son identité francophone. « On amène nos équipes sportives de volleyball, basket, soccer dans d’autres écoles secondaires. Tout de suite, les élèves, qui parlent des fois en anglais, des fois en français dans leurs couloirs, voient l’avantage de se parler en français sur le terrain de jeu. Les autres équipes ne peuvent pas les comprendre. On est plus stratégiques. Donc, ça nous donne un avantage de plus sur les autres gens ! »

L’appartenance à la francophonie

Responsable de l’ensemble du volet sportif à Maurice-Lavallée, David Caron est profondément ancré dans son milieu. « Ce que j’aime de Maurice-Lavallée, c’est le sentiment d’appartenance qu’on crée entre nos élèves et le personnel enseignant. On collabore en tant qu’équipe pour miser sur le succès des élèves. C’est vraiment le fun. Ça fait une petite ville à l’intérieur d’une grande ville. C’est vraiment particulier ce qu’on a à Maurice-Lavallée. » Tout cela renforce évidemment le sentiment d’être à l’aise avec sa francophonie. David Caron et ses collègues prêchent par l’exemple. Il est donc normal que cela influence le comportement de leurs élèves. En ayant sous les yeux des modèles fiers d’être francophones, la transmission de cette fierté se fait ainsi plus facilement.

L’une des recettes de David Caron pour privilégier la construction identitaire chez les élèves, c’est l’authenticité. « S’ils nous voient travailler avec passion, ils vont être capables de voir plus facilement la vérité de ce qu’on dit. C’est vraiment de voir en action les valeurs qu’on essaie de promouvoir. »

Des expériences incomparables

Autrement dit, l’enseignant accompagne ses élèves dans la construction de leur identité culturelle. Il crée avec eux des occasions signifiantes de découverte et d’expression de la culture francophone. Que ce soit dans le gymnase, la salle d’entraînement ou les corridors de l’école, toutes les occasions sont bonnes pour éveiller les sentiments d’appartenance, de compétence et d’autonomie chez les élèves. Ce rôle de passeur culturel incite David Caron à accompagner ces adolescents à faire des choix éclairés. Ceux-ci contribueront au développement et à l’affirmation de leur identité. La motivation qui en découlera a de fortes chances d’amener ces jeunes à s’identifier à la culture francophone et à la vivre par le biais de leurs comportements. C’est en faisant vivre aux jeunes des expériences diversifiées qu’on les motive à faire des choix sur leur identité culturelle. Un cadeau pour la vie !

Un enseignant inspirant

En cela, l’enseignant franco-albertain ne fait qu’appliquer ce que disait Albert Einstein : « Je n’enseigne rien à mes élèves ; j’essaie seulement de créer les conditions dans lesquelles ils peuvent apprendre. » N’est-ce pas là, encore une fois, la notion même du passeur culturel ? Puisqu’enseigner signifie transmettre autant des valeurs que des connaissances, les commentaires des élèves de David Caron sont élogieux en ce sens. « Voir un enseignant si passionné de son travail  me montre que c’est possible d’avoir un emploi que tu aimes autant. Ça me donne de l’espoir ! », explique l’élève de 12e année, Olivia Harris.

De son côté, Olivier Vaillancourt, lui aussi élève de 12e année, estime que « dans une ville anglo dominante, je trouve ça important de pratiquer mon français, non seulement à la maison, mais aussi dans un lieu comme l’école Maurice-Lavallée. »

Une leçon qui servira les jeunes dans leur vie d’adulte francophone en milieu minoritaire autant qu’un service gagnant !

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