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Sur le « ch’mone » de Jacques Surette

Les mélodies d’une guitare, les élans de nos émotions et les traits de notre culture : voilà quelques façons de faire vibrer le français. Parlez-en à l’auteur-compositeur-interprète acadien Jacques Surette : vous constaterez à quel point l’expression de la langue française, ça peut être fascinant! La source de son inspiration, il l’a partagée à plus de 400 élèves du Québec au cours d’une tournée réalisée dans le cadre du programme des Rencontres d’auteures et d’auteurs jeunesse (RAAJ) de l’ACELF. Ateliers d’écriture, histoires sur la culture acadienne et quelques airs de chansons ont ponctué la découverte des jeunes de l’école secondaire Rive-Nord, de la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles, de cet artiste débordant de créativité. Vous aussi, prenez le chemin – ou le « ch’mone » comme il le dirait – de ce sympathique auteur francophone des Maritimes!

Sur un air différent

La francophonie est l’addition d’accents, d’expressions et de façons différentes de faire vibrer la langue française au quotidien. C’est ce qu’ont réalisé les élèves québécois plongés dans l’univers de Jacques Surette. Avec sa culture acadienne entremêlée d’influences mi’kmaqs, ses origines néo-écossaises et sa manière bien à lui de jouer avec la langue, le jeune auteur a présenté sa façon de vivre en français. Il a dressé un portrait de son Acadie natale et de ses influences personnelles. Saviez-vous, par exemple, que la mer et ce qui s’y rattache ont une grande importance dans la culture acadienne et dans les écrits de l’auteur? Un petit exercice sur la diction et les expressions acadiennes a même été présenté! Vous l’aurez compris, dans son coin de pays, ce qui se prononce « in » [ɛ̃] en français standard se prononce « one » [ɔn], comme « ch’mone »!

L’esprit de la découverte

Ainsi, on peut en apprendre beaucoup en s’intéressant aux autres francophones du pays. Peut-être découvrirez-vous une nouvelle façon de voir les choses ou une source d’inspiration pour créer des projets novateurs? Vous vous rendrez compte de la richesse de la francophonie canadienne, comme l’a fait comprendre Jacques Surette aux élèves. « Ça a été vraiment comme une découverte sur les chanteurs de l’Acadie », commente Elizabeth Gionet, élève de 3e secondaire à l’école secondaire Rive-Nord. « Avoir un artiste de la francophonie, ça permet aux élèves de découvrir qu’il n’y a pas juste du français ici, à Bois-des-Filion, ou au Québec, et de [constater] que le français, ça s’étend à travers le Canada », explique Marie-Claude Doutre, enseignante à la même école.

Tutoriel en direct pour écrire des chansons

Accompagné de sa guitare, Jacques Surette a expliqué aux élèves quelques trucs pour écrire de bonnes chansons. N’est-ce pas là une manière innovante d’aborder la rédaction? L’écriture, c’est loin d’être uniquement des textes argumentatifs en cours de français! Pour composer une chanson originale, des rimes, une structure logique et une bonne dose d’imagination vous aideront. Et vous voilà peut-être sur le point de composer le prochain succès sur Spotify? « Ça montrait que le français, ce n’est pas rien. J’ai vraiment aimé quand on a fait l’activité [sur les structures musicales], ça montrait qu’il faut qu’il y ait une suite et qu’il y a une logique dans la musique. J’ai trouvé ça vraiment intéressant », commente Alexandre Henri, élève de 3e secondaire.

Exprimer ses émotions

L’écriture, ça n’a rien d’ennuyant, ça pourrait même vous faire du bien! Selon Jacques Surette, l’écriture a un rôle important. Elle permet d’extérioriser les émotions et a un impact sur la manière dont on s’exprime. Il invite d’ailleurs les jeunes à prendre un moment, dans la journée, pour se demander comment ils se sentent et de l’écrire. Une façon de sortir « les émotions qui roulent dans la tête », explique l’artiste, parce que « le cerveau, c’est une drôle de machine ». Voilà une suggestion que pense adopter Elizabeth Gionet. « Je vais essayer d’écrire des petites choses dans mon cellulaire pour décompresser, laisser aller ma créativité et découvrir un peu sa façon à lui d’écrire ses chansons », explique-t-elle. Pourquoi ne pas l’essayer vous aussi? Prenez le temps d’écrire : sortez les mots comme ils viennent. La créativité, ça se pratique! Peut-être vous surprendrez-vous vous-même?

La construction identitaire à la sauce artistique

Au-delà des apprentissages des jeunes à l’égard de l’écriture et de la francophonie canadienne, la présentation d’un tel artiste a aussi un impact sur la construction de leur identité. Comment? Il faut d’abord prendre conscience que les artistes font évoluer la culture et la rendent vivante et actuelle. En utilisant l’art comme moyen de transmission et d’expression de sa culture francophone, Jacques Surette incarne un modèle qui n’a pas peur de s’afficher tel qu’il est et de l’exprimer de manière créative. Voilà une façon d’aider les jeunes à développer un sentiment d’appartenance et de fierté envers la langue française et de se définir à travers elle!

Une expérience marquante

Grâce à sa tournée d’écoles québécoises, celui que l’on surnomme le « diamant brut » du country-folk de la Nouvelle-Écosse a su rejoindre les jeunes. Serait-ce à cause de son attitude toute naturelle, son authenticité ou encore du fait que cet artiste de 19 ans est à même de comprendre la réalité des ados qu’il a rencontrés? Un peu de tout ça, sans doute. En leur permettant d’explorer leur propre potentiel de création, d’observer un autre visage de la francophonie et en leur transmettant son amour pour les mots, Jacques Surette a laissé sa trace dans la tête et le cœur des élèves québécois. Quant à celui-ci, de retour en Nouvelle-Écosse avec son chien dont il s’était pas mal ennuyé, c’est l’émotion dans la voix des élèves qu’il ramène dans ses souvenirs.

Le programme Rencontres d’auteures et d’auteurs jeunesse (RAAJ)

Le programme Rencontres d’auteures et d’auteurs jeunesse de l’ACELF permet aux élèves de rencontrer des écrivaines et des écrivains jeunesse vivant dans une autre province ou territoire qu’eux. Il offre ainsi la possibilité aux jeunes de faire l’expérience d’une autre facette de la francophonie canadienne. Lors des rencontres, des animations sont réalisées. Elles visent notamment à faire connaître la richesse et la diversité de la littérature de la francophonie canadienne. Elles ont également comme objectif de favoriser le développement du sentiment d’appartenance à la langue et à la culture d’expression française des élèves.

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