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Quand les jeunes incarnent l’histoire

Vous vous souvenez de vos cours d’histoire ? Et de la fameuse ligne du temps reliée à différents événements historiques ? Mais si, tout à coup, cette ligne devenait vivante ? C’est le tour de force qu’a réussi avec ses élèves Valérie Meilleur, enseignante à l’École élémentaire catholique Élisabeth-Bruyère à Kanata, près d’Ottawa.

Chaque province canadienne a ses moments et ses personnages historiques, liés souvent à la francophonie. Le grand dérangement du côté des Acadiens, la bataille de Batoche en Saskatchewan, Louis Riel au Manitoba, ou encore la rébellion des Patriotes au Québec. En Ontario, à l’occasion du 25 septembre, pourquoi ne pas retracer différents événements marquants de l’histoire franco-ontarienne?

C’est le défi que relève Valérie Meilleur à chaque début d’année avec ses élèves de 6e dans le cadre du cours d’études sociales.

Une recette éprouvée

Les élèves travaillent d’abord en sous-groupes et font des recherches sur divers moments de l’histoire franco-ontarienne. Cela va de la présence autochtone, en passant par Samuel de Champlain, la création de Bytown ou encore l’œuvre d’Élisabeth Bruyère, sans oublier le règlement 17, l’avènement du drapeau franco-ontarien ou encore SOS Montfort.

Par la suite, les élèves leur donnent vie sous forme de tableaux vivants. Ils animent des stations où circulent les autres élèves de l’école et où chacun de ces événements est mis en scène.

La dynamique enseignante propose également de terminer la ligne de temps humaine dans un cyber café nouveau genre ! À cette station, les élèves se familiarisent avec ce qui est à la mode du côté franco-ontarien : les auteurs, les musiciens, les athlètes, les vedettes ou encore les entreprises appuyant le fait franco-ontarien.

Le site Voyage en francophonie canadienne pourrait certainement alimenter l’identification de nombreux éléments historiques qui sont relatés au fil des stations. Que ce soit la première paroisse catholique de l’Ontario en 1767 à Windsor, la première école française en Ontario ouverte en 1786 ou encore la fondation en 1848, du Collège St-Joseph, qui deviendra l’Université d’Ottawa en 1866.

La confiance en soi et l’identité francophone : au cœur du projet

Valérie Meilleur souligne que le projet de son école ne touche pas que l’aspect historique du plan de cours. Le projet intègre plusieurs matières : les arts visuels, les costumes, la musique, l’art dramatique. « Je vois aussi la littératie, la communication orale, l’écriture, car ils écrivent les scénarios. On passe à travers le curriculum des sciences sociales. »

Mais il y a également des éléments de l’éducation d’un ou d’une jeune francophone qui ne se quantifie pas par un examen. La prise de conscience est l’un de ces éléments. Grâce au travail accompli en classe, les élèves ont ainsi une meilleure idée de tout ce qui s’est passé avant eux. Des luttes qui ont permis qu’aujourd’hui ils aient accès à des services en français, à une école francophone et même qu’ils parlent encore aujourd’hui la langue de Molière.

Comme le projet se situe en début d’année scolaire, « il permet de développer un climat de confiance. On a la chance de travailler ensemble », explique l’enseignante. À la fin du projet, le 25 septembre, Journée des Franco-Ontariens, ce sont les élèves qui deviennent les vedettes de l’école puisque ce sont eux « qui vont présenter les différentes stations ».

Avec cette ligne de temps nouveau genre, les élèves « passent à travers le temps et vivent l’histoire francophone. On finit la journée avec un grand tintamarre pour célébrer le fait français ! »

Le développement de la confiance en soi et de l’identité francophone sont au cœur de ce projet. « On développe un climat de classe, mais aussi un climat d’école qui va développer le fait français, constate Mme Meilleur. Ça stimule nos élèves qui ne parlent pas souvent français. Ils vont être valorisés par les élèves et le personnel enseignant. » De plus, ils vont accroître leur esprit d’équipe, apprendre à résoudre des conflits, bref développer leurs capacités à mieux collaborer avec leurs pairs.

Variations possibles

Certes, il s’agit d’un projet important… en début d’année en plus. Valérie Meilleur en est bien consciente. Il se peut qu’en septembre, tous ne soient pas enclins à démarrer une ligne du temps en chair et en os. « Si vous n’avez pas le goût de faire une grosse activité comme on a faite, je vous encourage à faire de petites capsules que vous mettez sur YouTube. Ensuite, vous pouvez les envoyer à d’autres enseignants pour leur présenter de petits faits historiques pour célébrer une journée spéciale dans votre province ou la fête d’un événement marquant chez vous. »

Avouez que c’est tentant ! Que ce soit une ligne du temps vivante ou des capsules historiques interprétées par vos élèves, ils ne verront jamais plus l’histoire de la même manière. De quoi les rendre fiers de leurs racines.

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