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Les voyages forment la jeunesse… francophone!

Échanges francophones? On parle de quoi au juste?

Partir du confort de chez soi pour se faire de nouveaux amis francophones à l’autre bout du pays, c’est le défi que relèvent chaque année plus d’une centaine d’élèves de partout au Canada en compagnie d’intervenants scolaires qui leur vont vivre un échange francophone, en collaboration avec l’ACELF.

Les groupes intéressés soumettent leur candidature en début d’année scolaire et de huit à dix groupes sont sélectionnés. Les responsables des groupes sélectionnés voient au bon déroulement de la préparation, de l’accueil et de l’organisation des activités. Au début du projet, les jeunes (et leurs parents) sont souvent préoccupés par le fait qu’ils devront séjourner dans une nouvelle famille pendant une semaine. Au fur et à mesure que les jeunes font connaissance à distance, l’inquiétude s’estompe pour laisser place à la curiosité, la fébrilité et l’excitation de rencontrer de nouvelles personnes et de découvrir un nouveau coin de la francophonie canadienne.

Le but des Échanges francophones est d’engager les jeunes dans un processus de construction identitaire par des séjours dans une communauté francophone du Canada. Non seulement cette expérience permet à des élèves, âgés de 11 à 14 ans, de découvrir un milieu francophone différent du leur mais, en plus, le fait de vivre intensément pendant environ deux semaines avec d’autres jeunes de leur âge devient une occasion unique de valoriser leur langue et leur culture. À travers ces amitiés naissantes, émerge aussi une compréhension mutuelle de différentes réalités francophones canadiennes.

Ronald Duguay, directeur de l’école communautaire l’Étincelle au Nouveau-Brunswick, et Hélène Gendron, directrice de l’école Desrochers en Alberta, ont tous deux eu la chance d’accompagner un groupe d’élèves dans une telle aventure. Francosphère a rencontré ces directions d’école pour en apprendre plus sur comment s’est vécu ce voyage-échange et les retombées que ce projet a eu sur les élèves, les familles et la communauté.

Pourquoi vivre un voyage-échange?

Lorsqu’il a soumis la candidature de son école, Ronald Duguay avait indiqué ceci : « le fait français tient une très grande place dans les valeurs de l’école et de toute la communauté. Je suis convaincu que si nous sommes sélectionnés, cet échange culturel favorisera le renforcement de la fierté pour notre langue et notre culture puisque le projet stimule chez les jeunes un questionnement à propos de leurs racines qui les suivra tout au long de leur vie. »

Pour la directrice de l’école Desrochers, Hélène Gendron, « à l’époque des réseaux sociaux, un voyage-échange contenant une bonne dose de nouvelles rencontres avec des pairs contribuera à consolider l’identité francophone de nos élèves. Ce voyage-échange permet à nos élèves de prendre connaissance de la réalité francophone qui existe en dehors de Jasper et des possibilités qui s’offrent à ceux et celles qui entretiennent une identité francophone forte. »

À son retour chez elle, une élève de l’Alberta a souligné qu’elle avait appris que la francophonie est très diverse. « Là-bas, leur francophonie est très différente de celle que je vis à tous les jours, et ma jumelle m’a aidée à voir cela. Je me suis aussi aperçue qu’en parlant en français avec mes nouveaux camarades, mon vocabulaire s’est vraiment enrichi.» Un participant du Québec, qui a fait un échange avec l’Alberta, a aussi fait ce constat. « Nous sommes tous identiques malgré les religions, les langues, les couleurs de peau, etc. Les Franco-Albertains que j’ai rencontrés sont comme nous, drôles et très gentils. La famille était merveilleuse et accueillante, avec beaucoup de nourriture à chaque repas. C’est sûr que ça été mon plus beau voyage à vie! »

Tout au long de l’année scolaire, l’engagement des jeunes dans un tel projet prend différentes formes. Certains développent eux-mêmes leur dossier de candidature soumis au comité de sélection, comme l’ont fait ces élèves de l’école Soleil Levant au Nouveau-Brunswick. D’autres doivent participer à un concours organisé par les responsables de l’échange pour faire partie du groupe d’heureux élus qui voyagent. Une fois les élèves sélectionnés, les activités de financement, de préparation au voyage et à l’accueil, de mise en contact avec le groupe jumeau se succèdent.

Des retombées identitaires et francophones

Les occasions ne manquent pas pour stimuler la curiosité des élèves et leur faire réaliser que de nouveaux horizons s’ouvrent à eux grâce à la francophonie qui les unit. Ce peut être avec des correspondances écrites ou en visioconférence avec le groupe jumeau, avec des activités de géographie et d’histoire sur la région à visiter, par exemple. En créant ainsi des liens au sein de la francophonie, les élèves découvrent ou prennent encore plus conscience de leur appartenance à cette collectivité. « Le voyage apporte du “concret” dans bien des cours, entre autres le français et l’histoire, constate une responsable scolaire au Québec. C’est extraordinaire de parler des Rocheuses dans le cours de géo et de les voir en vrai ! Rencontrer d’autres enseignants, voir une autre école est très enrichissant pour nos pratiques, nos projets d’école… ça apporte de l’eau au moulin ! »

Grâce aux échanges, en peu de temps, les élèves se font de nouveaux amis et améliorent leur français ou découvrent de nouvelles expressions, et ce, sans compter les effets à long terme qui se font sentir. Des jeunes et leur famille retournent visiter leur famille d’accueil l’été suivant. Par la technologie, les textos et les échanges sur les médias sociaux se poursuivent après le départ du groupe jumeau. Pour d’autres jeunes, l’expérience sera même un déclic qui les incitera  à poursuivre leurs études dans des écoles de langue française.

Une responsable d’un groupe d’élèves franco-ontariens rapportait même que les liens que ses élèves ont créés avec le groupe de la Colombie-Britannique ont eu un impact énorme sur leur idée de garder vivante la langue française. « Ils ont compris que la seule et unique raison pour laquelle ils ont vécu cette expérience était à cause du fait qu’ils sont francophones. »

Et pour certains groupes qui ne seraient pas en mesure de réaliser un tel voyage, l’ACELF offre aussi une formule de cyber-échange qui permet de découvrir la francophonie canadienne dans le confort de son école.

Vous avez le goût de participer? Visitez acelf.ca/echanges pour en savoir plus. Le dépôt de candidatures se fait en début d’année scolaire.

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