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Quoi faire en français un vendredi soir?

La vitalité de la francophonie est portée par des milliers d’organismes francophones. Grâce à une panoplie d’activités, ils font vibrer la langue française partout au Canada. Que dire des sensations fortes créées par les Jeux de la francophonie canadienne de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF)? Comment résister aux fous rires causés par les spectacles d’humour du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO)? Mais connaît-on réellement tous les organismes francophones qui nous entourent? Profite-t-on vraiment de toutes les activités en français qui pourraient nous intéresser?

Pour vivre sa francophonie partout

Sophie Ouellet, enseignante à l’école secondaire catholique Pierre-Savard, en Ontario, s’est donné l’objectif de faire connaître les organismes communautaires francophones de la région aux jeunes de sa classe. Le but? « Leur donner le goût de participer à de nouvelles activités francophones », explique l’enseignante. Les jeunes doivent comprendre que c’est possible de vivre sa francophonie partout! Pour y arriver, elle a organisé l’activité Des réseaux d’événements pour nous! de la Banque d’activités pédagogiques (BAP). Celle-ci fait partie de la collection 50e – Loi sur les langues officielles et permet d’aider les jeunes à faire un lien entre leurs passe-temps et leurs droits linguistiques.

La première étape, c’est d’inviter les élèves à nommer toutes les activités qu’ils peuvent réaliser en français dans la région. L’originalité des réponses pourrait vous surprendre! Ensuite, on invite les jeunes à faire une recherche sur les organismes qui offrent ces activités. Puis, on leur demande de les présenter devant la classe. Rien de tel que d’amener les élèves à découvrir de multiples occasions de parler français pour leur faire comprendre que la francophonie est plus vaste qu’ils ne pourraient le croire! 

« Au lieu de juste s’asseoir en classe et d’écouter notre enseignante, on [interagit] avec d’autres élèves », explique Audrey Morin, élève de 11e année à l’école secondaire catholique Pierre-Savard. En complément : on peut même inviter des représentants d’organismes jeunesse. Ils permettront aux élèves de comprendre qu’il existe un espace francophone d’engagement citoyen par et pour les jeunes!

S’épanouir en français

« Grâce à la Loi sur les langues officielles, le gouvernement fédéral appuie les organismes communautaires francophones. Cet appui-là est nécessaire à l’épanouissement de nos élèves au niveau de la culture et de la langue dans nos écoles », commente Cindy Vachon, enseignante en affectation spéciale en construction identitaire – volet francophone, au Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), en Ontario. « C’est une valeur ajoutée d’avoir un partenariat avec les différents organismes, d’apprendre à les connaître », poursuit-elle. Elle ajoute qu’il ne faut pas hésiter à avoir recours à l’animatrice ou l’animateur culturel de l’école pour faciliter les liens avec les organismes. C’est toujours avantageux de créer un large réseau francophone!

Au final, les jeunes découvrent des occasions de s’épanouir et de développer de nouvelles passions. « Il y a différentes activités qu’on peut faire. On peut y aller avec nos amis et s’amuser », explique Audrey Morin. Surtout, il s’agit d’offrir l’opportunité aux jeunes de créer des liens avec d’autres francophones de leur région. « Ça nous montre qu’on est peut-être une minorité, mais quand on est tous ensemble, on ne se sent pas comme une minorité », ajoute Akshwin Sellathurai, lui aussi élève de 11e année à l’école secondaire catholique Pierre-Savard.

Une collection à découvrir!

Cette activité vous intéresse? Sachez qu’il ne s’agit que de l’une des 50 activités proposées dans la collection 50e – Loi sur les langues officielles! Chacune d’entre elles présente aussi quelques informations complémentaires sur les droits linguistiques. Des informations très utiles pour vous aider à démystifier le sujet et vous outiller pour informer vos élèves. Pourquoi créer une telle collection? Parce que la Loi sur les langues officielles contribue à la vitalité des communautés francophones en situation minoritaire. Il est important que les élèves en prennent conscience. « Les élèves savent qu’ils doivent parler français, mais savent-ils pourquoi? », s’interroge Maëlle Bourdeau, conseillère pédagogique au Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario et membre du comité de validation des activités de la BAP.

La loi sur quoi?

Reculons de plusieurs décennies, à l’époque où les mots courriel et clavardage n’existaient même pas encore… La Loi sur les langues officielles du Canada est adoptée en 1969. Elle fait en sorte d’instaurer l’égalité du français et de l’anglais au Parlement, dans l’administration fédérale et dans les institutions assujetties à cette loi. Elle vise le maintien et l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire au Canada. Elle reconnaît aussi l’égalité du français et de l’anglais dans la société canadienne. Elle pave la voie à la Charte canadienne des droits et libertés, adoptée en 1982. Cette dernière permet, entre autres, aux parents canadiens de faire instruire leurs enfants dans la langue officielle qui est la leur, moyennant certaines conditions. N’est-ce pas là une loi majeure pour tous les francophones du pays? Alors, vous avez compris l’importance d’en discuter avec vos élèves!

Un objet de fierté

Mais n’ayez crainte! Pas besoin d’être un spécialiste pour enseigner les répercussions de la Loi sur les langues officielles! « Les activités proposées par la BAP sont créées pour faire découvrir l’importance de nos droits, peu importe notre degré d’aisance avec le sujet », explique Maëlle Bourdeau. La trame de fond de ces activités? En faisant connaître à nos élèves leurs droits linguistiques, on les incite à être fiers de la langue française. « La fierté d’une langue, c’est contagieux », ajoute Jessica Lafrenière, étudiante au baccalauréat en éducation au Campus Saint-Jean, en Alberta, et membre du comité de validation des activités de la BAP.

Apprendre ses droits linguistiques en s’amusant

Prenons l’exemple d’une autre activité de la collection. Il y a parfois des citations inspirantes qui portent nos actions. Oui! Un peu comme celles que votre ami partage sur Facebook avant ses séances de yoga! Des citations inspirantes qui nous motivent à valoriser notre langue française, ça existe aussi! L’activité Rapport à quoi? vous propose d’inviter vos élèves à en trouver quelques-unes et à les mettre en valeur dans l’école. Pour y parvenir, rien de tel que de lire une sommité en la matière : le commissaire aux langues officielles! Tout en leur expliquant ce qu’est le Commissariat, on invite les élèves à lire quelques-uns de ses rapports annuels. Une façon de s’informer et de s’inspirer!

Des impacts quotidiens

À la recherche d’une activité qui mêle découverte et rire? C’est grâce à nos droits linguistiques que l’on peut lire une description, en français, sur notre contenant de yogourt. Y a-t-on déjà pensé? Conscientisez vos élèves à ce sujet tout en leur faisant comprendre l’importance des descriptions en français sur les produits de consommation! Invitez-les à trouver des traductions loufoques sur l’étiquetage des produits! « La machine lave le rhume séparément »? « Sauce à plongement »? Des rires sont à prévoir avec l’activité Détective de mauvaises traductions!

Pour construire son identité culturelle

On a piqué votre curiosité? La collection 50e – Loi sur les langues officielles propose une foule d’activités inspirantes pour guider vos élèves dans la compréhension de cette loi et d’enjeux linguistiques qui les affectent au quotidien. Parce que : « l’identité culturelle passe, entre autres, par des réflexions et des échanges au sujet des droits linguistiques », explique Sonya LeGresley, enseignante au Centre scolaire communautaire La fontaine, au Nouveau-Brunswick.

La petite histoire de la collection

Vous trouvez ça génial? Vous vous demandez comment l’ACELF a eu l’idée de concevoir ces activités? Réalisons encore un dernier petit saut dans le temps, en 2017. La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE), la  Fédération des associations de juristes d’expression française (FAJEF) et le Programme d’appui aux droits linguistiques (PADL) publient un fascicule. Ce dernier se nomme : Apprendre sa communauté par les droits linguistiques. Il a comme objectif de jeter les bases d’un programme d’études sur les droits linguistiques dans les écoles de langue française en contexte minoritaire. C’est à la suite de cette publication que l’ACELF décide d’utiliser ce contenu fort pertinent pour aider les jeunes à prendre conscience de l’importance de leurs droits linguistiques.

Les 4 thèmes développés dans le fascicule guident alors la conception de 50 activités de la BAP : l’historique des droits linguistiques, la Charte canadienne des droits et libertés, les services en français et l’engagement citoyen. On aime ça donner un nouveau souffle aux bonnes idées! Un texte reproductible, tiré de ce fascicule, est ajouté à chacune des activités pour offrir plus d’informations sur l’historique des droits linguistiques. Grâce au financement de Patrimoine canadien, le projet se concrétise et la collection 50e – Loi sur les langues officielles est créée!

Quoi retenir?

La Loi sur les langues officielles a des répercussions majeures sur nous tous! Qu’elle nous permette de participer à l’activité d’un organisme francophone de notre région ou de lire notre boîte de céréales en français, on en vit ses effets tous les jours. Nous sommes tous soucieux de permettre à nos élèves de se construire une identité où la langue française et la culture francophone auront une place de choix. Apprendre à nos jeunes les répercussions de leurs droits linguistiques, c’est les conscientiser à l’importance de vivre leur francophonie pleinement!  

Informations sur l’activité : Des réseaux d’événements pour nous!

Thème(s) : vie communautaire
Niveau scolaire : éducation secondaire
Disciplines exploitées : français (communication orale), éducation personnelle et sociale (coopération / Leadership)
Principes en construction identitaire : créer des liens au sein de la francophonie

Informations sur l’activité : Rapport à quoi ?

Thème(s) : vie communautaire, droit et justice, francophonie et langue
Niveau scolaire : éducation secondaire
Disciplines exploitées : français (communication orale, lecture), éducation personnelle et sociale (éducation à la citoyenneté)
Principes en construction identitaire : s’inscrire dans la francophonie contemporaine

Informations sur l’activité : Détective de mauvaises traductions

Thème(s) : droit et justice, francophonie, langue, santé
Niveau scolaire : éducation secondaire
Disciplines exploitées : français (écriture), éducation personnelle et sociale (éducation à la citoyenneté)
Principes en construction identitaire : développer un rapport positif à la langue française

Les moments pédagogiques présentent notamment des activités pédagogiques de la Banque d’activité pédagogique (BAP) de l’ACELF réalisées au sein des milieux éducatifs de langue française et visant le développement d’une identité francophone dynamique et engagée.

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