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Différentes communautés composent notre riche francophonie canadienne. On trouve des milliers d’écoles francophones dans le vaste pays qu’est le Canada. Alors, pourquoi ne pas se rapprocher un peu et en apprendre plus sur les autres?

« La francophonie canadienne, c’est pas juste le Québec, l’Ontario… il y a quelque chose d’autre », affirme sans détour Jean-François Dion. Ce dernier est directeur adjoint de l’école secondaire catholique L’Escale en Ontario alors que Rémi Lemoine dirige les élèves de l’école Christine-Lespérance au Manitoba. Les deux se sont inspirés de l’activité « Des horaires qui diffèrent », tirée de la Banque d’activités pédagogiques. Ils ont ajouté la visioconférence à l’activité, qu’ils ont expérimentée lors d’un congrès de l’ACELF tenu à Moncton. C’était l’occasion rêvée pour vivre cette activité avec un groupe de gens issus de différentes communautés de la francophonie canadienne.

Avec les technologies, il est si facile de découvrir la réalité d’un autre milieu et d’une autre francophonie. Ainsi, trois groupes sur trois fuseaux horaires différents ont pu interagir et partager leur vécu et leur réalité. « C’était une sorte de trip à trois à distance », commente M. Dion, sourire en coin. Blague à part, technologie et culture font bon ménage et nous permettent d’aller plus loin, croit-il. C’est donc grâce à la magie du numérique qu’un groupe de francophones réunis à Moncton ont pu échanger sur leur école respective avec une classe de l’école élémentaire catholique Sainte-Trinité à Rockland en Ontario et une autre classe de l’école Christine-Lespérance à Winnipeg au Manitoba.

Le goût des autres

La Carte des écoles francophones répertorie les 2 957 écoles de langue française dans toutes les provinces et tous les territoires canadiens. L’activité « Des horaires qui diffèrent » utilise cette carte et invite les élèves à choisir une école qui s’y trouve et à relever différentes informations à son sujet. Ces ressources font partie de l’ensemble pédagogique Voyage en francophonie canadienne.

Avant d’interagir avec les autres élèves situés à des centaines de kilomètres, les jeunes doivent remplir une fiche à propos de leur école et de leur communauté. Qu’est-ce qui la distingue? Qui la fréquente et combien sont-ils? Quel temps fait-il? Quelles sont les activités économiques et culturelles de la région? Les informations recueillies peuvent ensuite être affichées sur une murale de l’école.

Par exemple, au Manitoba, les élèves de l’école Christine-Lespérance ont fait ressortir que le joueur de hockey Jonathan Toews était Franco-Manitobain. Un chandail autographié du médaillé d’or se trouve même dans la classe! Une manière bien concrète de toucher les intérêts des élèves. Quelle ne fut pas la surprise des 26 élèves franco-ontariens d’apprendre que ce hockeyeur avait déjà étudié à cette école francophone. De ce fait, cela élargit leur perception de la francophonie au Canada.

Des élèves impliqués et motivés

« Notre but, c’est de mettre en action les jeunes, de les faire travailler ensemble et de les impliquer », explique M. Lemoine. Le fait que cette activité utilise un projecteur et fasse intervenir les jeunes renforce la participation des élèves. « Les élèves sont alors engagés et intéressés. »

Jean-François Dion, de l’école secondaire catholique L’Escale en Ontario, et Rémi Lemoine, de l’école Christine-Lespérance au Manitoba

Et quand les jeunes sont impliqués, on peut alors aller plus loin et réfléchir à quoi tout ça rime. Est-ce que cette curiosité, ce goût d’aller voir ailleurs et découvrir ce qui s’y trouve, va grandir chez nos élèves? Faire vivre aux élèves une occasion d’échanger avec d’autres francophones est une façon de nourrir leur sentiment d’appartenance. De plus, s’ils se découvrent des points communs, que ce soit un intérêt pour une vlogueuse, un joueur de hockey ou une matière scolaire, ils nouent des liens qui enrichissent leur francophonie.

Portraits variés de nos communautés

Cette activité a l’avantage de pouvoir intégrer différentes matières. On peut y aborder des notions en géographie, bien sûr, mais aussi des éléments rattachés aux mathématiques ou au français, en lecture et en écriture. Si les élèves ont l’occasion de présenter un aspect de leur école à un autre groupe, ils travaillent aussi leur communication orale.

En s’intéressant à une autre région du Canada, les élèves en apprennent plus sur les conditions météo de cette région ou sur tout aspect qui est semblable ou différent à leur propre région. En effet, à partir de l’école choisie et de leur communauté, on peut noter toutes sortes d’informations pratiques pouvant servir de points de départ à de nombreux apprentissages… ou à une discussion en ligne. Comme l’ont fait MM. Dion et Lemoine, en direct de Moncton, avec des classes en Ontario et au Manitoba.

Toutefois, si vous optez pour la visioconférence, attention aux fuseaux horaires! Trouver un moment qui convient aux groupes peut être plus ardu qu’on le pense. De là le titre même de l’activité: « Des horaires qui diffèrent »!

Loin d’être seuls… même si on est loin!

Avec cette activité et cet échange, les élèvent prennent conscience que d’autres francophones, ailleurs au Canada, vivent les mêmes réalités qu’eux. Ils peuvent facilement effectuer des parallèles entre différents milieux de vie francophones. Ces échanges sont d’autant plus nécessaires pour des élèves de municipalités plus à l’écart. Ils peuvent ainsi briser leur isolement et tisser des liens grâce à la langue française qui est un élément rassembleur.

Même si nous pouvons parfois en avoir l’impression, nous ne sommes pas seuls! « On veut rejoindre les jeunes et les communautés francophones et les rapprocher », soutient Jean-François Dion. « Faut se parler, sinon on s’oublie », conclut-il, convaincu.

Informations sur l’activité

Thème(s) : francophonie
Niveau scolaire : éducation primaire
Disciplines exploitées : français (lecture, écriture, communication orale), mathématiques, sciences humaines (géographie)
Principes en construction identitaire : Créer des liens au sein de la francophonie

Les moments pédagogiques présentent notamment des activités pédagogiques de la Banque d’activité pédagogique (BAP) de l’ACELF réalisées au sein des milieux éducatifs de langue française et visant le développement d’une identité francophone dynamique et engagée.

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