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Pleins feux sur les organismes francophones jeunesse

Vous avez déjà entendu parler des organismes francophones jeunesse dans les corridors de l’école?

Vous avez déjà entendu parler des organismes francophones jeunesse dans les corridors de l’école? N’aimeriez-vous pas savoir ce que ça change dans la vie des jeunes? Comprendre comment les membres du personnel enseignant et ces organismes peuvent collaborer? Vous êtes au bon endroit! L’enseignante et animatrice Sarah Anne Lalonde s’est justement entretenue avec la présidente de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), Sue Duguay, pour répondre à toutes ces questions que vous avez en tête. Braquez, vous aussi, les feux des projecteurs sur les organismes francophones jeunesse! 

Ce balado de Francosphère est le premier d’une série d’entrevues réalisées par Sarah Anne Lalonde et Matthieu Leroux, deux enseignants franco-ontariens créatifs et passionnés. À travers des entrevues éclairantes, ils font découvrir aux nouvelles enseignantes et aux nouveaux enseignants des écoles de langue française le rôle qu’ils peuvent jouer afin de contribuer à la construction identitaire de leurs élèves.

L’importance des organismes jeunesse

Se construire une identité à travers la francophonie. S’engager et changer les choses. Développer ses capacités pour aller plus loin. Voilà trois points qui résument très brièvement quelques-uns des avantages de l’implication des élèves auprès des organismes jeunesse. Comment ça se fait?

La francophonie, au cœur de l’identité

Les organismes francophones jeunesse offrent une formidable occasion aux jeunes de construire, de se définir. En fait, ils jouent un rôle complémentaire très important au travail que vous faites dans votre classe pour transmettre votre amour de la langue française et de la culture francophone à vos élèves. Comment? « Le but de nos organismes, c’est de normaliser le fait français : nous permettre de vivre une vie en français. Alors, on offre des opportunités de vie en français [aux jeunes] par le biais de nos activités », explique Sue Duguay, présidente de la FJCF.

Sue précise que les jeunes qui fréquentent les écoles de langue française au pays « n’ont pas tous la chance de se réveiller le matin et de manger leur déjeuner en français, ou [simplement] de parler en français hors de l’école ». Dans ce cas, comment leur donner envie de se définir comme francophone? Eh bien, les organismes jeunesse leur donnent la chance de vivre en français; de rencontrer d’autres jeunes francophones, de tisser des liens avec eux, d’avoir des activités et des aspirations en français.

« Les organismes jeunesse offrent cette opportunité de développement. Puis, à partir de là, on peut devenir qui on est vraiment. Moi, je le vois, l’avenir fait beaucoup moins peur quand on est capable d’être soi-même. Naturellement, ça a des répercussions sur le parcours extérieur. [Par exemple,] peut-être que tu seras plus penché à trouver une opportunité d’emploi en français ou dans les deux langues officielles », ajoute Sue pour témoigner de l’importance des organismes jeunesse dans le parcours identitaire.

Se mobiliser pour l’avenir

Mais il y a encore plus. Parce qu’ils sont gérés « par et pour » les jeunes, les organismes francophones jeunesse sont des espaces vraiment ancrés dans la réalité des jeunes, leurs préoccupations, leurs aspirations, leurs façons de voir le monde. C’est une façon de vivre pleinement une francophonie contemporaine, renouvelée et bien actuelle. Ils leur permettent de se mobiliser pour leur avenir en se regroupant et en s’engageant à travers différentes actions.

Par exemple, la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) a publié la Stratégie nationale pour la sécurité linguistique (SNSL), en collaboration avec plusieurs partenaires, dont l’ACELF. Cet appel à l’action propose une série d’initiatives pour favoriser la confiance linguistique et faire vibrer la francophonie canadienne. Un très bel exemple du travail des jeunes pour l’avenir de la francophonie!

« Faire le choix de s’impliquer, de s’engager, de prendre le risque d’aller au forum, d’aller aux Jeux, ça nous [marque] pour le restant de notre vie et on porte ce bagage-là », explique Sarah Anne Lalonde, qui s’est elle aussi impliquée à la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) lorsqu’elle était une élève.

Se réaliser

Chaque histoire est différente. S’impliquer auprès des organismes jeunesse, c’est une façon d’en apprendre plus sur soi-même et de se développer sur plusieurs plans. Augmenter sa confiance en soi, se créer un réseau d’amis francophones de partout au pays, apprendre à s’affirmer, développer son leadership et s’accomplir : voilà quelques exemples de bénéfices. « Je ne peux pas mettre en mots [toute] l’importance que les organismes jeunesse ont, ou du moins, ont eue au cœur de mon développement. Puis, j’ai la chance de témoigner de l’impact que ça a aussi auprès d’autres personnes », confie Sue.

C’est quoi mon rôle dans tout ça?

Selon Sarah Anne, le personnel enseignant ne doit pas faire le travail à la place des jeunes, il doit plutôt leur offrir l’occasion d’inviter eux-mêmes les autres jeunes à se mobiliser. « Il est important que le personnel enseignant respecte « cette philosophie de « par et pour les jeunes » en offrant « une plate-forme pour les leaders culturels de nos écoles, pour que le message vienne d’eux et non des adultes ». Il faut donc laisser l’espace aux élèves déjà impliqués. Ce sont ces jeunes leaders-là qui inciteront les autres élèves à se mobiliser avec eux.

Pour Sarah Anne, le rôle des enseignantes et des enseignants se résume en trois étapes.

  • « Premièrement, l’adulte doit apprendre à connaître sa communauté scolaire. Donc, identifier qui sont les élèves déjà impliqués et sensibles à la cause. »
  • « Deuxièmement, il s’agit de leur donner des occasions de faire de la promotion et de la sensibilisation [auprès des autres jeunes]. »
  • « Troisièmement, il s’agit de guider ces leaders et/ou ces comités [de jeunes impliqués], au sein de votre école ».

C’est de cette façon que vous aiderez vos jeunes à s’investir et à se définir à travers la francophonie, grâce à une implication stimulante et formatrice auprès des organismes francophones jeunesse. Vos élèves sont destinés à de grandes choses, il faut simplement leur donner l’opportunité de le découvrir par eux-mêmes!

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La FJCF et l’ACELF, près d’un demi-siècle de collaborations

La collaboration entre l’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF) et la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), ça ne date pas d’hier! Saviez-vous que l’association a participé à la création de la FJCF? C’est en effet à la suite d’une rencontre entre le comité francophonie-jeunesse de l’ACELF et des représentants des associations provinciales de jeunes francophones que la Fédération nationale des jeunes canadiens-français a été créée, en 1974. (En 1992, elle a changé son nom pour la Fédération de la jeunesse canadienne-française). Cette fédération est aujourd’hui composée de onze membres associatifs jeunesse de neuf provinces et deux territoires. La FJCF contribue au développement socioculturel et identitaire des jeunes Canadiennes et Canadiens d’expression française âgés de 14 à 25 ans, notamment par des programmes d’emploi jeunesse et des événements pancanadiens. Elle vise, entres autres, le renforcement des capacités des jeunes de la francophonie canadienne ainsi que le développement et l’actualisation des initiatives jeunesse.

Parce que la jeunesse est au cœur de l’ensemble de ses actions, l’ACELF conserve des liens étroits avec les organismes francophones jeunesse et collabore fréquemment avec eux dans le cadre de différents projets. Le programme Délégation Leadership jeunesse en est un exemple. Il permet aux jeunes du secondaire d’exercer leur leadership en participant aux discussions touchant l’éducation de langue française au Canada, à l’occasion du congrès de l’ACELF.

Sue Duguay, une Acadienne qui brille par son implication

Sue Duguay  est une Acadienne originaire de Tracadie, au Nouveau-Brunswick. Auparavant présidente de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick et vice-présidente de la FJCF, elle est présidente de la fédération depuis 2018, en plus d’être impliquée dans plusieurs autres organisations de la francophonie canadienne. Elle est actuellement étudiante en science politique, économie et science de la gestion en vue d’obtenir un baccalauréat multidisciplinaire dans ces domaines, à l’Université de Moncton.

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