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Est-ce stressant d’être francophone en milieu minoritaire?

C’est captivant d’apprendre, dans ce balado, quels ont été les déclics d’Amy, de Daphnée et d’Andrew! « Si je pouvais résumer le point commun de vos trois témoignages, c’est leur identité. »

Quelles sont les raisons de vivre en français, quand tout autour de nous, ça se passe en anglais? Pourquoi affronter le stress et les difficultés d’appartenir à une communauté que l’on dit être « minoritaire »? Qu’est-ce qui fait que dans cette situation, des ados choisissent de mettre la langue française et la culture francophone au cœur de leur identité? Pour connaître les réponses à ces questions, les enseignants et animateurs Sarah Anne et Matthieu Leroux se sont justement entretenus avec trois élèves de la francophonie canadienne hyper-inspirants! Découvrez la Franco-Manitobaine Amy Gudmundson, l’Acadienne et Néo-Écossaise Daphnée de Lamirande et le Franco-Ontarien Andrew Pennant. À travers leurs témoignages, vous comprendrez mieux pourquoi, selon plusieurs jeunes, vivre en français, malgré les défis des milieux où l’on est moins nombreux, ça en vaut vraiment la peine!

Ce balado de Francosphère est le deuxième d’une série d’entrevues réalisées par Sarah Anne et Matthieu Leroux, deux enseignants franco-ontariens créatifs et passionnés. À travers des entrevues éclairantes, ils font découvrir au nouveau personnel enseignant des écoles de langue française le rôle qu’il peut jouer afin de contribuer à la construction identitaire de leurs élèves.

Le déclic

En tant qu’enseignante ou enseignant, on est souvent à la recherche de cette petite chose spéciale qui va provoquer un déclic dans la vie de nos jeunes. Ce moment, où, à la croisée des chemins, nos élèves vont faire le choix de dessiner leur avenir en français. Parce que dans les milieux où être francophone peut parfois représenter un certain stress, ce choix, il ne va pas toujours de soi. La construction de l’identité de nos élèves est unique et propre à chacun d’eux. Elle prend source dans différentes sphères de leur vie, dont à l’école. Nous avons donc un important rôle à jouer pour les aider à construire leur identité à travers la francophonie, en leur offrant des expériences propices à la découvrir, l’aimer, la concevoir et la diffuser.

C’est captivant d’apprendre, dans ce balado, quels ont été les déclics d’Amy, de Daphnée et d’Andrew! « Si je pouvais résumer le point commun de vos trois témoignages, [c’est] l’identité. La francophonie, ça vient du cœur. Tu bâtis des expériences en développant cette identité-là à travers les émotions, à travers le cœur. Une francophonie vibrante et vivante [vient] des tripes », résume Matthieu. À cette époque où l’on parle souvent du concept de « bien-être », vous découvrirez aussi, à travers cette entrevue, comment ces jeunes sont parvenus, malgré les défis, à se sentir bien dans l’affirmation de leur identité.

Ce qu’on peut faire

Concrètement, que pouvons-nous faire en tant qu’enseignante ou enseignant pour soutenir et outiller nos élèves à faire une place significative à la francophonie dans leur vie? Voici un aperçu des précieux conseils que nous donnent les trois jeunes.

Devenir un modèle

Le conseil que donne Amy au personnel enseignant, c’est « d’être authentique ». « Parlez de vos expériences. Expliquez pourquoi vous avez décidé de choisir d’enseigner en français », explique-t-elle. Les parcours des enseignantes et des enseignants ont le potentiel d’inspirer les élèves! C’est aussi ce que pense Andrew. Il invite le personnel enseignant à partager « leur trajet francophone » pour motiver les jeunes à explorer la francophonie. L’un de ses enseignants lui a, par exemple, confié les aventures qu’il réalisait avec ses amis, en français, et l’histoire de son implication auprès d’un organisme francophone jeunesse. Il a aussi découvert des chansons francophones à travers les coups de cœur qu’a partagés son enseignant, une belle richesse! La preuve que le personnel enseignant peut jouer un rôle de modèle!

Aider les jeunes à découvrir la francophonie du pays

Pour Daphnée, le personnel enseignant doit aider les jeunes à se rendre compte de l’étendue de la francophonie. Son conseil, c’est de présenter les différentes expressions et accents des communautés francophones du pays. Elle propose aussi de diffuser des vidéos de célébrations de la francophonie, comme celle de la fête nationale de l’Acadie. Une bonne façon de montrer le côté rassembleur de la francophonie et d’amener les jeunes à se sentir liés aux autres communautés francophones des provinces et territoires!

Aider les élèves à avoir confiance en eux

Lutter contre l’insécurité linguistique, c’est un point capital pour aider nos jeunes à développer un rapport positif avec la langue française. Amy pense qu’il est important que le personnel enseignant encourage les jeunes à parler français, sans toutefois les corriger continuellement sur leur façon de parler. Parce que, même si c’est fait « avec de bonnes intentions, parfois, chez les jeunes, ça peut amener un effet négatif. On commence à se questionner sur soi-même. Est-ce que ça vaut la peine de faire l’effort [de parler en français] si je me fais continuellement corriger? », explique-t-elle.

Pour aider les jeunes à prendre confiance en leurs capacités, Daphnée suggère d’y aller par petits pas. Il est important de « montrer aux élèves que c’est correct de faire des erreurs en français », pour les encourager à persévérer dans leurs efforts. Elle suggère de commencer par des activités moins formelles que des présentations orales. Elle propose d’opter pour « des conversations en petits groupes », afin aider les élèves à prendre de l’aisance.

Faire place aux personnes engagées

Enfin, selon Amy, il est essentiel que les élèves comprennent qu’ils ne sont pas seuls. Comment? Elle suggère au personnel enseignant de faire place aux jeunes qui représentent les organismes francophones jeunesse. Ces espaces démocratiques donnent l’occasion de côtoyer d’autres jeunes qui vivent leur réalité, de développer leur leadership et de s’engager pour la francophonie. Elle souligne aussi le rôle de mentor que peuvent jouer d’autres élèves qui pourraient partager leurs expériences et devenir une source d’inspiration. En plus « il y a plein de groupes francophones qui peuvent aider. Ils ont beaucoup de ressources et ils veulent vous les partager. Je pense que ça, c’est vraiment un bon point pour commencer », conseille l’adolescente.

Lancer la discussion

Pour Sarah Anne et Matthieu, les propos qu’ont partagés ces jeunes fiers, passionnés et convaincus de leur identité francophone devraient être écoutés par tous les membres du personnel enseignant de nos écoles de langue française. Leurs commentaires sont riches, précieux et auront certainement un impact sur leur façon d’enseigner. « Vous êtes réellement des modèles pour nous, pour vos pairs, et honnêtement pour vos communautés », conclut Sarah Anne.

Et pour vous? Cette entrevue vous donne-t-elle des idées et vous fait-elle voir les choses autrement? Pourquoi n’écouteriez-vous pas ce balado avec vos élèves? Il pourrait donner lieu à d’importantes réflexions et discussions avec vos jeunes!

Pour terminer, sachez que l’ACELF est là pour vous accompagner dans votre rôle. Nous vous proposons une variété de contenus afin de vous outiller dans votre important travail pour aider les élèves dans leur construction identitaire. N’hésitez pas à faire un tour dans notre section « Ressources » pour découvrir d’autres bonnes idées pour aider les jeunes à faire une place significative à la langue française et à la culture francophone dans leur vie!

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