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Conjuguer pandémie et francophonie

Une leçon de résilience. La démonstration d’une force de caractère. La preuve que, dans toute épreuve, on peut en tirer du bon. Voilà les quelques phrases qui vous viendront en tête lorsque vous écouterez les élèves qui ont pris part à la table ronde jeunesse, présentée lors de l’événement virtuel L’ACELF en direct! Avec générosité et authenticité, ils ont partagé leurs ressentis, leurs trucs et leurs idées pour conjuguer la francophonie en temps de pandémie. Dans cette discussion dynamique, découvrez l’animatrice de cette table ronde, Amélie Tétrault, élève à la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) et ses invités : Andrew Pennant de l’Ontario, Corinne Hamel du Québec, Maude Sonier du Nouveau-Brunswick et Caleb Dorge du Manitoba. Des jeunes attachants qui vous feront voir du positif là où vous n’auriez peut-être pas cru en trouver!

Une situation inattendue

On ne se contera pas d’histoires. Les premiers mois de la pandémie n’ont pas été de tout repos pour les jeunes. La fermeture des écoles a eu des répercussions sur leur vie sociale, leur motivation à l’école et sur leur francophonie. En effet, pour plusieurs jeunes, l’école de langue française est le lieu principal — parfois même le seul — où il leur est possible de vivre en français. Andrew confie d’ailleurs avoir vécu « une montagne russe d’émotions ». « Là où je vis, le français n’est pas une langue dominante. Garder ma langue, c’était super difficile au commencement puisque, pour moi, l’école [est l’endroit où] je pouvais avoir des interactions en français avec tout le monde. C’est là que je pouvais parler [en français] », explique-t-il.

Pourtant, les jeunes ont rapidement trouvé des stratégies pour surmonter les difficultés. « Plus les semaines avançaient, plus on réalisait qu’il fallait s’adapter à la nouvelle situation », explique Caleb. Comment? En trouvant des solutions alternatives pour répondre à leurs besoins.

La techno au secours de la vie sociale

Les amitiés, c’est tellement important. Surtout à l’adolescence! Les jeunes ont donc trouvé des idées pour cultiver leurs relations sociales. « Avec les amis, j’avais beaucoup moins de contacts. Mais on a pu remédier à ça avec la technologie et se faire des rencontres en ligne », explique Corinne. « Pendant le temps du confinement, on mettait nos autos l’une à côté de l’autre. On gardait nos vitres haussées. On respectait toutes les règles. Au moins, on pouvait se voir le visage puis on s’appelait sur le téléphone. C’étaient des petites choses comme ça, avec la technologie, qui a fait que j’ai gardé une mentalité assez bonne [malgré la situation] », ajoute Maude.

L’école se réinvente

Quant à l’école — parfois en ligne, parfois en classe, avec plusieurs règles à respecter — les jeunes y ont trouvé des avenues intéressantes. Andrew souligne qu’il est agréable que certains membres du personnel enseignant s’intéressent davantage au moral des élèves. « Pour donner un exemple, j’avais une enseignante qui [entrait régulièrement en contact] avec ses élèves pour voir comment ça se passait », explique-t-il. Il ajoute qu’il a aussi aimé pouvoir prendre des rendez-vous en ligne, pour discuter avec ses enseignantes et enseignants. « J’ai adoré ce système-là parce que, si tu avais des difficultés ou si tu voulais juste jaser, [c’était simple de rencontrer son enseignante ou son enseignant] ». Il pense d’ailleurs que « ces interactions-là avec les élèves devraient être conservées », en ligne ou en classe, même après la pandémie.

Corinne aussi voit du bon dans la transformation des écoles. Selon elle, expérimenter les cours en ligne permet d’être mieux préparé à la vie postsecondaire et à la vie professionnelle. Déjà en 2019, les cours en ligne à l’université et le télétravail gagnaient du terrain. C’est pourquoi, selon elle, il serait intéressant « de garder des aspects en ligne » à l’école, même après la pandémie.

La volonté de mettre la francophonie au cœur de son identité

Comment continuer à vivre sa francophonie aux quatre coins du pays, pendant cette situation hors du commun? Il faut tout d’abord le vouloir. Caleb explique que ça commence par « avoir la motivation de continuer à parler le français ». Ensuite, les jeunes ont dû trouver des personnes ou des activités qui leur permettaient de parler, d’écouter, de lire ou d’écrire en français. Et même si c’est plus difficile en milieu minoritaire, les jeunes ont démontré une volonté admirable et de bonnes idées pour y arriver!

Faire place aux passions

Pour Maude et Amélie, pratiquer des passions en français est une bonne façon de plonger dans la culture francophone. « J’ai de gros intérêts pour l’écriture [et les] chansons. Pratiquer ces choses-là, tous les jours, ça m’a encouragée à garder ma francophonie vivante », explique Maude. « Moi aussi, j’aime beaucoup écrire et lire. J’ai vraiment essayé de lire et d’écrire dans ma langue maternelle, qui est le français, pour pouvoir alimenter [ma francophonie] », ajoute Amélie.

S’impliquer et participer à des activités virtuelles en groupe

Selon Caleb et Maude, s’impliquer auprès d’organismes francophones jeunesse permet aussi de profiter d’occasions de vivre en français. Des occasions qu’ils ont saisies pour se rassembler, virtuellement, avec plusieurs autres jeunes francophones de leur région. « J’ai été chanceux de faire partie d’un groupe de leadership franco-manitobain qui s’appelle JMCA [Jeunes manitobains des communautés associées], et j’ai eu la chance d’organiser des activités en ligne francophones. J’ai donc pu exercer la culture francophone avec ces activités », explique Caleb. Maude, qui s’implique à la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB), explique aussi que son engagement lui a offert des occasions de vivre différemment en français. Elle mentionne sa participation à des ateliers virtuels avec d’autres jeunes. « C’est comme ça que je fais des liens avec ma francophonie et avec les jeunes francophones autour de moi », commente-t-elle au sujet de son implication.

Créer des liens en français

Andrew lui, a fait le choix, avec son frère, de discuter en français pour nourrir la flamme de leur francophonie. « Ma famille en entier est anglophone. [Pendant le confinement,] la seule personne avec qui je pouvais communiquer en français, à part mes enseignants, était mon petit frère. [Avec le temps], on a cultivé une nouvelle relation ensemble, en tissant des liens, en partageant la langue française », explique-t-il.

Diffuser et partager les bonnes idées

Vous vous en rendrez compte en visionnant la vidéo : qu’ils viennent de milieux francophones majoritaires ou minoritaires, Amélie, Andrew, Corinne, Maude et Caleb ont plusieurs points en commun. Ce qui les unit indéniablement, c’est leur souhait sincère de trouver des solutions pour continuer à vivre leur francophonie, quels que soient les imprévus de la vie. Malgré les défis, ils nous ont prouvé que c’est possible. Et ils sont une grande source d’inspiration!

Et si vous écoutiez cette vidéo avec les jeunes de votre classe? Vos élèves pourraient ensuite eux aussi partager leurs trucs pour garder le moral, conserver leur motivation à l’école et garder bien en vie leur francophonie. Après tout, nos jeunes sont créatifs et pleins de ressources. Aidons-les en les laissant mutuellement s’inspirer de leurs bonnes idées!

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