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Sarah Anne Lalonde et Matthieu Leroux : pour innover, ça prend aussi de la musique et du café!

L’une est enseignante de français, d’histoire et de géographie; l’autre est avide de transmettre son amour de la musique à ses élèves. Tous les deux, Sarah Anne Lalonde et Matthieu Leroux, sont passionnés par leur métier et avides d’innover au sein du Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien. Sarah Anne a à son actif la baladodiffusion Que sera Sarah. De son côté, Matthieu, qui est aussi musicien, aime à se proclamer « contaminateur culturel » et à faire découvrir ses trouvailles musicales francophones.

Francosphère a invité les intervenantes et intervenants du congrès 2019 de l’ACELF à partager leurs impressions sur des enjeux actuels en francophonie canadienne. Sarah Anne et Matthieu en ont profité pour réaliser un balado. Écoutez cette conversation fascinante ou trouvez-en un résumé dans l’article qui suit.


  

Comment tentez-vous d’inspirer les jeunes pour les engager envers leur francophonie ?

Matthieu :

Mon premier but, c’est d’aller chercher des passions pour la francophonie à travers la musique. Pour moi, n’importe quoi qui passe par les arts va toucher plusieurs cordes sensibles chez les adolescents. Si je peux trouver les bons artistes, les bonnes chansons, les bons messages, les bonnes valeurs, d’après moi, ça peut aller chercher leur attachement envers la francophonie. Cela n’est pas toujours facile à cause de la perception qu’ils ont de la musique francophone. Mais on peut briser ça. J’ai aussi créé des listes de lecture. En partageant ces ressources, ça me permet de leur donner des outils pour qu’ils aillent eux-mêmes vers la francophonie à l’extérieur de la classe.

Sarah Anne :

C’est de donner des occasions à mes élèves de vivre la francophonie, d’entendre différents accents. Par exemple, on est allés au Gala des Trille Or. Dans ma classe, mes élèves écoutent aussi de la musique en français. Je leur fais écouter les listes de musique de Matthieu ! Moi, ma façon de les inspirer, c’est de leur montrer que je fais le choix chaque jour de vivre ma francophonie. Comme ça, ils vont se retrouver en moi.

 

Qu’est-ce qui stimule votre créativité dans votre pratique professionnelle?

Matthieu :

À la base, je suis quelqu’un de curieux. C’est facile pour moi d’aller sur Internet et de découvrir de la nouvelle musique. Mais tout le monde n’est pas comme ça. Donc, mon rôle, c’est de trouver les intérêts de chaque élève et de leur montrer que la musique peut s’appliquer à plusieurs sphères de leur vie. Leur montrer qu’ils peuvent développer leur créativité, pas juste avec un instrument dans les mains, mais avec d’autres activités comme l’écoute musicale. Et moi, dans mon enseignement, je suis créatif quand je développe avec eux divers projets.

Sarah Anne :

C’est d’être entourée de gens qui pensent différemment de moi. Je sors de ma zone de confort quand je suis avec des gens différents. Je suis curieuse, j’aime les gens. Je suis en constante quête d’idées créatives. J’aime être dans un environnement physique qui me permet d’être créative. Je suis une personne qui a besoin de temps pour créer, je m’inspire des petites choses de la vie.

 

En 2030, lorsque vous regarderez dans votre rétroviseur, que souhaitez-vous avoir inspiré…

… à vos élèves?

Matthieu :

Je pousse l’ouverture d’esprit de mes élèves afin qu’ils s’en servent non seulement pour la musique, mais aussi dans d’autres secteurs. On est des acteurs de leur développement.

Sarah Anne :

C’est de leur avoir permis de mieux se connaître. De leur avoir montré, pas juste des connaissances, mais aussi des valeurs. De leur avoir appris le développement de soi, le respect de soi et des autres.

… à vos collègues?

Matthieu :

J’aimerais leur avoir apporté des vibes positives. Avoir toujours eu un sourire afin que le travail ne soit pas perçu comme un travail.

Sarah Anne :

Dans une école, je veux être reconnue comme l’enseignante qui avait toujours une tasse de café à la main… c’est une blague! Je voudrais qu’ils disent : «  Elle a été quelqu’un qui nous a inspirés à prendre des risques dans une classe. » Si je peux être perçue comme cela, ce serait bien.

… aux parents?

Matthieu :

Si tu es une personne positive, les communications avec les parents vont être positives. Plus tard, les parents pourront me dire : « Tu as eu de l’impact sur mon jeune. »

Sarah Anne :

Quand les parents penseront à moi, je veux qu’ils se disent « qu’elle était passionnée pour ses élèves. » Je sais aussi que ces jeunes sont précieux aux yeux de leurs parents. Je veux donc qu’ils sachent que j’ai aussi à cœur le bien-être de leur enfant.

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