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Pour que ça dure!

Ça vous tanne, les choses qui ne durent pas? La pile de votre téléphone cellulaire, la saveur de votre gomme à mâcher, la mode des cartes Pokémon…? Et si on vous disait que vous pouviez contribuer à faire en sorte que les choses durent? Vous savez, comme César? Il est mort depuis 2 000 ans et pourtant, on parle encore de sa salade!1 Laissez, vous aussi, votre empreinte sur le monde! Organisez avec vos élèves des activités pour viser des effets durables, l’un des huit principes directeurs en construction identitaire!

En mode chantier

Réfléchissons-y bien. Viser des effets durables, c’est le but ultime de la construction identitaire. Besoin de vous rafraîchir la mémoire? « La construction identitaire est un phénomène qui est en évolution constante chez l’individu. C’est pourquoi, il est primordial d’offrir à nos [élèves] des occasions […] qui leur permettront de se créer des référents culturels et ainsi favoriser la construction de leur identité francophone », explique Marie-Josée Bouchard, enseignante à l’école secondaire catholique L’Escale, à Rockland, en Ontario.

Ce qu’on veut, c’est aider nos élèves à faire une place significative à la langue française et à la culture francophone dans leur vie… pour toute leur vie! Pour atteindre cet objectif, c’est logique : les activités que nous organisons avec les jeunes doivent avoir des effets positifs à long terme. On doit trouver des stratégies pour qu’elles aient une suite, une pérennité. De cette façon, ces moments vécus à l’école, en français, auront des répercussions pour toujours!

4 façons d’avoir des effets durables

Mais alors, un effet durable dans le cadre de nos activités scolaires en construction identitaire… ça se produit comment? Voici quatre façons2 d’avoir un impact à long terme sur la construction de l’identité des élèves.

Premièrement, une activité peut avoir des effets durables en instaurant une nouvelle tradition ou une façon de faire qui va se perpétuer dans le temps.

Connaissez-vous, à ce sujet, la Lutte des Jags? Il s’agit d’une compétition amicale entre le personnel enseignant et les élèves de la 10e à la 12e année de l’école Maurice-Lavallée, en Alberta. L’événement se déroule chaque année à différents moments de l’année scolaire. Une « tradition » qu’on attend de célébrer avec impatience! L’activité, qui joint des jeux amusants, originaux et loufoques, créés par les élèves, permet aux jeunes d’associer des moments agréables à leur vie en français. Des « tranches de vie » dont on se souvient pour toujours et qui bâtissent notre identité!

Deuxièmement, on peut dire qu’une activité donne un résultat durable lorsqu’elle permet de déclencher de nouvelles initiatives ou l’émergence de nouveaux leaders.

C’est ce qui s’est produit avec le projet « Visions d’hier à aujourd’hui ». Ce dernier a été réalisé à l’école Entre-lacs de Penticton, en Colombie-Britannique, en collaboration avec le Centre culturel francophone de l’Okanagan. Trois générations : les jeunes de l’école, leurs parents et des aînés de la communauté ont conçu, ensemble, des films relatant leurs histoires en tant que francophones ou métis dans l’Okanagan. En plus, un espace virtuel a été créé par et pour les jeunes et les aînés. Une initiative emballante qui a permis d’ouvrir un dialogue et de créer des liens significatifs au sein de la communauté, à long terme! Plus encore, ce projet a fait éclore le leadership des participantes et des participants, et en particulier celui des jeunes, qui comprennent maintenant que de grandes actions sont à leur portée!

Troisièmement, une activité peut avoir des effets durables en influençant d’autres personnes à s’investir dans le type d’activité vécue par les élèves.

Comme ça, on peut avoir un effet « boule de neige » sur d’autres élèves, des parents, d’autres écoles et même sur toute la communauté! C’est le cas du projet « Un livre-courrier pour bouquiner cet été » qui a été développé par le District scolaire francophone du Nord-Ouest, au Nouveau-Brunswick. Cette initiative, qui célèbre son 10e anniversaire en 2020, permet aux jeunes d’être soutenus et encouragés par la communauté dans leurs lectures en français. Plus récemment, ce district a même créé d’autres programmes axés sur la littératie communautaire, Blizzlecture et Raplecture, avec des équipes de hockey juniors de la région. Ces projets engagent le milieu scolaire, la communauté (dont des parents et des joueurs de hockey) ainsi que les élèves dans ce projet mobilisateur. Plusieurs souhaitent répliquer de tels concepts afin de réaliser, chez eux, des initiatives semblables! Voilà tout un effet durable au potentiel multiplicateur!

Enfin, une activité a des effets durables lorsqu’elle permet de renforcer les convictions personnelles des élèves ou de les aider à se projeter dans l’avenir de leur propre francophonie.

C’est parfois plus difficile à évaluer, mais il s’agit d’effets ô combien importants! Par exemple, les jeunes de l’école Mer-et-montagne, à Campbell River, en Colombie-Britannique, ont participé à la création d’un roman-photo sur leur futur dans la francophonie. Le but? Imaginer leur vie, en français, dans quelques années, avec une carrière, une famille et quelques cheveux grisonnants. Afin de prendre des photos pour leur album, les jeunes se sont par la suite déguisés en « eux-mêmes » du futur. Ils ont ensuite ajouté des dialogues sur les photos afin de créer un album dont l’une des pages était titrée « Retrouvailles – Il n’y a pas d’excuses pour ne pas parler français [dans le futur!] ». De quoi les amener à prendre conscience que leurs choix présents auront des effets à long terme sur leur vie en français!

Une francophonie de tête et de cœur

Vous avez déjà compris l’objectif. Pour avoir des effets durables, il faut laisser une empreinte dans la tête et le cœur de nos élèves. C’est de cette façon qu’on leur donnera envie de prendre part à la francophonie, toute leur vie, et de partager leur identité avec les autres. Ça veut dire : faire durer nos activités en construction identitaire dans le temps, mais à cela s’ajoute aussi un autre élément important. Il tient en deux mots : « émotions positives ». Les activités qui sont organisées doivent aider les élèves à associer la langue française et la culture francophone à des émotions agréables (fierté, inspiration, amusement, joie, etc.).

L’école de langue française se doit donc de présenter des expériences aux jeunes qui leur feront vivre des sentiments positifs. Pour les élèves, les événements qui sont propres à leur école et qui rendent celle-ci différente sont ceux qui ont le plus de chance de faire partie des bons moments. Pour faire durer ces impressions et parce que l’esprit s’imprègne à force de révision et de répétition, pensez aussi à faire revivre votre activité… ou à l’immortaliser! Vous pourriez, par exemple, créer une vidéo, une page Web, un album, ou tout autre type de contenu pour rendre votre activité encore plus mémorable.

Des souvenirs impérissables

Un peu d’inspiration? Les membres du personnel de l’école Notre-Dame-du-Cap, à Terre-Neuve-et-Labrador, ont créé une vidéo pour que les élèves se souviennent des beaux moments de leur année scolaire. C’est aussi ce qu’ont fait les élèves de l’école des Trois-Soleils, au Nunavut. Les jeunes ont créé une courte vidéo, hyperdynamique, pour présenter  leur école à la communauté, mais aussi pour conserver des souvenirs impérissables de leur parcours. Vous savez, ce genre de vidéo qu’on garde sur une clé USB, dans une boîte à souvenirs, et qu’on réécoute de temps en temps pour se donner un sourire aux lèvres? Voilà une façon de graver dans la mémoire des jeunes de belles expériences vécues à l’école de langue française! Comme le chante Richard Desjardins dans « Migwetch », « le bien est gravé dans le roc ».

Pour toujours!

L’école de langue française joue un rôle fondamental sur la continuité des communautés francophones. Elle est le pivot d’une citoyenneté engagée et permet de réunir les membres du milieu scolaire, les jeunes, les parents et la communauté dans leur rayonnement. En aidant les élèves à découvrir leur place dans la francophonie, et plus encore, en faisant émerger chez eux l’envie de vivre en français et de diffuser leur passion pour cette langue et cette culture, elle permet d’assurer la vitalité de nos communautés, mais aussi celle de nos écoles. Il s’agit là d’effets durables, non pas uniquement individuels, mais aussi collectifs. C’est bien là notre chance : contribuer à marquer pour toujours l’identité de nos élèves pour continuer, tous ensemble, à vivre et à célébrer la langue française et la culture francophone.

Comme du déodorant…

Les 8 principes directeurs sont tous d’égale importance, tous aussi pertinents les uns que les autres. Ils tiennent compte des enjeux actuels de la francophonie et assurent la pertinence des activités conçues pour favoriser la construction de l’identité francophone.

Un peu comme du déodorant, quand tu veux faire bonne impression, tu t’en sers!

Pour découvrir les capsules humoristiques sur les 8 principes directeurs ainsi que les pistes pour les utiliser, rendez-vous à Vivre sa francophonie en 8 principes.

Par une série de 8 publications, Francosphère aborde chacun des 8 principes directeurs qui sont là pour aider à intervenir le mieux possible dans la construction de l’identité francophone des jeunes. 8 fois plutôt qu’une, découvrez comment notre francophonie est à la fois contemporaine, innovante, diversifiée, communautaire, confiante, rassembleuse, engagée et durable.

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Série de capsules humoristiques sur les 8 principes directeurs


1 Ce n’est pas vraiment Jules César qui a inventé la salade César, mais vous comprenez le principe!

2 Les quatre façons présentées sont inspirées des questions proposées dans les sections « Viser des effets durables » des guides « 8 principes… et c’est parti! ».   

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