Francosphère, votre référence en construction identitaire francophone, propose des témoignages, des pratiques réussies et des réflexions, le tout présenté selon une francophonie contemporaine, innovante, diversifiée, communautaire, confiante, rassembleuse, engagée et durable.
À propos

Nathalie Ladouceur : une famille professionnelle

Nathalie Ladouceur a été enseignante et agente de liaison communautaire pour Élargir l’espace francophone. Ses expériences l’ont amenée à collaborer étroitement avec le Réseau d’immigration francophone. Elle occupe actuellement le poste de conseillère pédagogique, Premières Nations, Métis et Inuits ainsi qu’appui aux initiatives ministérielles au Centre franco-ontarien des ressources pédagogiques (CFORP). Ses principales fonctions sont la formation et l’accompagnement des 12 conseils scolaires francophones de même que l’entretien de liens avec des partenaires communautaires et autochtones.

Francosphère a invité les intervenantes et intervenants du congrès 2019 de l’ACELF à partager leurs impressions sur des enjeux actuels en francophonie canadienne.

 

Comment tentez-vous d’inspirer les jeunes pour les engager envers leur francophonie?

Dans un premier temps, c’est la simplicité d’une conversation à propos d’un enjeu actuel ayant comme toile de fond, ou non, la francophonie à première vue. Dans un deuxième temps, prendre le temps de se parler en profondeur et de piquer la curiosité par un questionnement à point est tout ce dont nous avons besoin pour susciter un engagement. Par la suite, le dicton « Commence où tu es, utilise ce que tu as, fais ce que tu peux » est une devise pour la vie.

Qu’est-ce qui stimule votre créativité dans votre pratique professionnelle?

La créativité, c’est l’intelligence qui s’amuse. À la base, discuter d’une passion crée l’ouverture. Par la suite, l’intérêt commun avec des collègues qui sont aussi curieux, impliqués et voulant se lancer dans une aventure autrement, c’est ultimement ce qui me fait vibrer. Affronter les hauts et les bas, en équipe, pour découvrir et grandir ensemble auprès d’un but commun est l’équivalence d’une famille professionnelle.

Comment les différentes diversités présentes dans votre milieu vous permettent-elles d’innover?

Vivant dans une communauté rurale entre deux métropoles à moins d’une heure chacune, on se doit de voir plus grand et de saisir les occasions qui se présentent à nous. L’ouverture vers l’autre commence par la découverte de soi. En prenant conscience de cette richesse collective, on ne perd jamais mais plutôt on s’enrichit et on ajoute à notre bagage culturel et communautaire. En ce sens, innover, c’est être un citoyen du monde où le respect et la valeur de la diversité sont, a priori, privilégiés.

En 2030, lorsque vous regarderez dans votre rétroviseur, que souhaitez-vous avoir inspiré à votre entourage professionnel?

Un agent moral est une personne qui a la capacité de discerner le juste du mal et d’être tenue pour responsable de ses propres actes. Les agents moraux ont la responsabilité morale de ne pas causer de préjudice injustifié. En ce sens, mon souhait est que nous puissions tous œuvrer dans nos milieux scolaires, comme une grande famille où nous avons le rôle et la responsabilité d’être des agents moraux.

Partagez une expérience de collaboration novatrice qui a favorisé l’engagement?

En collaboration avec nos partenaires scolaires et communautaires, dont le réseau de soutien à l’immigration francophone de l’est de l’Ontario et les municipalités locales, l’initiative « Les ambassadeurs de la diversité », constituée de jeunes et moins jeunes, est un modèle de réussite. Ensemble, par l’entremise d’une vision élargie, chacune et chacun contribue à développer une communauté accueillante et ses conditions gagnantes. Par exemple, les équipes-conseils travaillent de concert à préparer nos écoles à mieux accueillir nos élèves en salle de classe, les employeurs en communauté réfléchissent aux conditions gagnantes d’adaptations dans leur milieu de travail et les municipalités offrent des sessions d’information au cours desquelles on décortique les jugements stéréotypés répandus au sein de leur municipalité respective, pour en nommer que quelques-uns. Somme toute, l’équité et l’inclusion sont l’affaire de tous et, avec nos alliés, nous travaillons à bâtir une meilleure communauté.

À lire aussi :

Mélanie Lescort : un monde où chaque élève s’épanouit

Ces articles de Francosphère pourraient également vous intéresser :