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Cindy Vachon : laisser parler son cœur et s’engager

Originaire de Hearst au nord de l’Ontario, Cindy Vachon ne cesse de grandir dans sa propre construction identitaire. Enseignante en affectation spéciale en construction identitaire pour le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est, elle a cheminé beaucoup grâce aux Stages de perfectionnement de l’ACELF, à l’été 2014, et s’implique dans différentes initiatives dans son milieu. Lauréate du prix du Visage du Centre-est pour son dévouement à la promotion de la francophonie au sein de son école et de sa communauté, elle souhaite ardemment développer des citoyens ayant un plus grand sentiment d’appartenance à la communauté francophone en Ontario.

 

Francosphère a questionné différentes personnes engagées afin de connaître leur point de vue au sujet de l’identité francophone.

Que faut-il privilégier pour favoriser la construction identitaire des jeunes?

Nous devons leur donner le goût de s’impliquer et de s’engager dans ce qu’on leur propose. Les jeunes doivent être impliqués sur toute la ligne et nous devons leur faire confiance. Il est important de créer un climat de confiance avec eux et de ne pas avoir peur d’entendre ce qu’ils ont à dire, que ce soit positif ou négatif. Nous devons les appuyer dans leurs projets, les inviter à se questionner, mais surtout, leur laisser le choix. Il faut jouer notre rôle de modèle, de passeur et de médiateur culturel, puis comme adulte, être prêts à se remettre en question une fois de temps en temps. Les choses évoluent alors nous devons évoluer aussi.

Quel avenir pour l’identité francophone?

C’est une question piège! J’œuvre au CECCE depuis des années et j’ai l’impression qu’avec les familles de plus en plus exogames, certains élèves ne comprennent pas l’importance de préserver la langue française. Après avoir eu une longue discussion sur le règlement 17* en Ontario, j’ai posé cette question aux élèves : si aujourd’hui une telle chose arrivait, quelle serait votre réaction? La réponse générale était la suivante : « J’irais dans une école anglophone, je suis bilingue. » Je trouve de plus en plus difficile d’entendre ce genre de commentaire… Donc, pour ce qui est de l’Ontario, nous devons travailler très fort afin de sensibiliser les élèves à l’importance de conserver la langue française. Nous devons les inciter à demander les services en français et réussir à les amener à parler en français et à faire des activités en français pour des raisons de cœur et non de tête.

Comment envisagez-vous votre engagement envers une francophonie épanouie?

J’envisage continuer de travailler très fort afin d’offrir une panoplie d’opportunités à nos élèves de pouvoir vivre en français. Le « Par et pour les élèves », j’y crois beaucoup, et je crois aussi à l’importance de les consulter afin de bien répondre à leurs besoins. Il est inutile de leur répéter plusieurs fois par jour de parler en français, mais plutôt de réussir à leur faire vivre des expériences positives. De plus, je veux continuer à travailler avec les enseignants de nos écoles, puisque je constate qu’une simple discussion, même toute simple, peut amener à de grandes prises de conscience. L’enseignant qui intervient directement avec les élèves a la capacité d’être un modèle positif incroyable, il ne faut pas oublier ça. Mais il doit le savoir et le comprendre. Afin de pouvoir bien appuyer les élèves dans leur construction identitaire, nous devons souvent porter un regard sur notre propre construction identitaire. J

*Adopté en 1912, le Règlement 17 a proscrit pendant des années l’enseignement en français en Ontario et limité l’usage du français comme langue de communication.

 

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