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Quand la boîte aux lettres donne envie de lire

Pas toujours facile de faire lire les élèves pendant l’été! Un programme de livre-courrier, développé au District scolaire francophone du Nord-Ouest (DSF-NO), au Nouveau-Brunswick, connaît un franc succès et donne un véritable goût de bouquiner.

Durant la saison estivale, un grand nombre d’élèves lisent peu. Cela engendre la perte d’habiletés en lecture et en littératie qui sont essentielles à la réussite scolaire. Et c’est d’autant plus vrai en milieu minoritaire, où souvent les activités estivales sont davantage en anglais. Le retour en septembre demande toujours un certain temps d’adaptation.

Devant ce constat, il fallait trouver un moyen d’inciter les élèves à ouvrir des livres pendant les vacances. Au DSF-NO, la communauté s’implique et se mobilise afin de valoriser la lecture en français toute l’année durant.

Colis et cartes postales

Le tout a démarré en 2010. Marie-Josée Long, agente pédagogique, décide de créer un programme volontaire de livre-courrier afin que les enfants aient accès à des livres, même pendant l’été. On décide alors de jumeler chaque enfant participant à un adulte bénévole.

Dans le cadre du projet « Un livre-courrier pour bouquiner cet été », à raison d’un livre aux deux semaines, les bénévoles envoient aux élèves participant les recueils préalablement déterminés par le personnel de l’école. Les livres sont aussi choisis en fonction des intérêts et compétences de l’enfant. Chaque colis est accompagné d’une carte postale affranchie, comme l’explique ce reportage de CIMT Nouvelles.

Sur cette carte, les élèves effectuent un retour sur ce qu’ils ont lu et aimé avant de renvoyer la carte à son expéditeur. Ils peuvent notamment faire un dessin de ce qu’ils ont retenu de l’histoire. Cette expérience, qui permet de développer des habilités fondamentales en littératie, est répétée sept fois pendant les vacances d’été. Quant aux parents, ils accompagnent leurs enfants tout au long du projet. Ils les questionnent, jouent avec eux et inscrivent eux-mêmes des commentaires sur les cartes postales. Ce temps de qualité alloué à bouquiner en famille renforce les liens et l’apport parental.

Il n’y a rien comme offrir des livres aux enfants! Les élèves sont surtout habitués aux communications électroniques, alors ils adorent recevoir des paquets par la poste spécialement destinés à eux. Ils sont excités à l’idée de voir ce qu’on a choisi selon leurs forces, leurs défis et leurs intérêts.  Autre objectif du programme : promouvoir le plaisir de lire, une activité agréable plutôt qu’une tâche ou une obligation. Le projet permet donc de transformer la perception que les élèves ont de la lecture, de concert avec la famille, le personnel enseignant, les directions d’écoles et les bénévoles.

L’essentielle communauté

Au courant de l’année, on s’active à recruter les bénévoles auprès d’organismes et de partenaires. C’est que le programme compte sur un nombre très important de personnes dévouées, lesquelles sont essentielles au succès de la démarche. On va au-delà de simplement proposer des lectures aux élèves. Les bénévoles recrutés, peu importe leur profession (policiers, pompiers, politiciens, membres du personnel de soutien, etc.), réalisent un véritable travail d’accompagnement et d’encouragement des élèves dans leurs réussites. Ils écrivent des rétroactions positives à l’enfant au verso de la carte postale pour le valoriser et l’inciter à lire.

Les rencontres élèves-bénévole ont d’abord lieu en juin. À partir de cet engagement pris au départ, une complicité s’installe et c’est une véritable « dynamique relationnelle » qui se développe. Cette sorte d’éveil communautaire vécu par les élèves fait vraiment une différence. Les bénévoles sont perçus comme des modèles valorisant la langue française. L’élève rencontre des gens significatifs de sa communauté qui contribuent à la réussite d’autres individus. De plus, il élargit son réseau francophone en côtoyant des personnes extérieures à la famille ou à l’école.

De quoi, peut-être, amener les élèves à devenir eux aussi bénévoles plus tard… afin de faire une différence dans la vie d’une autre personne et de contribuer à l’essor de la communauté en milieu francophone minoritaire.

Chaque année, lorsque le projet se termine, tous prennent le temps de célébrer le succès du projet par une activité réunissant les élèves et les bénévoles. Cette rencontre est une occasion de sceller les liens créés au fil de l’été et de constater les apprentissages et impacts de ce projet sur le goût de la lecture et les intérêts des élèves. L’impact est direct : au retour des vacances, les enfants sont contents de partager leurs découvertes de divers livres (qu’ils soient de genre informatif, narratif ou autres) ou de nouveaux auteurs. L’appui des parents et des bénévoles accroît la motivation des élèves tout en valorisant le plaisir de lire et son importance dans la vie de tous les jours.

Des centaines de livres distribués

Au fil des années, le programme a pris bien de l’ampleur (voir les chiffres ci-dessous). En 2017, le programme a atteint des sommets avec près de 550 élèves de la maternelle à la 3e année du DSF-NO. Le programme s’est aussi élargi au profit des élèves du secondaire ayant des besoins particuliers.

Désormais, ce programme est ancré dans la culture du district scolaire. De quoi réjouir (et faire lire) des centaines d’enfants pendant de nombreuses années encore…

Envie d’en savoir plus? Allez lire cet article du réseau EdCan >>

 

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